Zazie dans le métro

Au Théâtre Royal du Parc
Du 20 avril au 20 mai 2017

1959. Zazie arrive à Paris. Elle en repartira dans deux nuits. Zazie a trois jours pour vieillir

Trois jours sans sa mère mais avec son oncle Gabriel et la truculente clique de ses amis. Trois jours à espérer que soit levée la grève du Metropolitain pour pouvoir pénétrer le tunnel d’Alice. Trois jours à arpenter la ville, croisant les figures emblématiques du Paris interlope de Queneau en se jouant des conventions et en faisant fi du langage qui sied à une mouflette de son âge. Trois jours pour chercher les clés qui vont lui permettre de devenir la femme qu’elle désire être. Pour questionner le genre, la sexualité et construire sa propre féminité. Pour tester avec hargne ses pouvoirs, leurs limites.
On ne connaît pas l’âge de Zazie. Si on suit Louis Malle, qui a nourri l’imaginaire collectif sur ce sujet, elle a neuf ans. Si on la suit, elle est formée, elle est femme, faut pas la chercher. Sur scène, elle sera Julie Duroisin et aura l’âge qu’elle décidera d’avoir. Elle fait absolument ce qu’elle veut, et se raconte comme elle le désire. Une fois de plus, faut pas la chercher. Car dans moins de dix ans elle fera partie de la génération jeteuse de pavés. Pendant les trois jours où nous suivons Zazie, elle fait donc du repérage. Elle étudie les comportements, observe, éprouve les limites d’une société dont elle participera à un certain éclatement.

Elle a trois jours pour jouer son baroud d’honneur avant de se taire, obéir, rentrer dans le rang. Le féminisme n’est pas ici démontré avec des arguments militants, il se construit tout au long des dialogues musicaux, néologiques et pour le moins jouissifs de Queneau. Du moins, c’est la fable qui s’impose à nos yeux dans la riche prose de Queneau ; et que nous choisissons d’adapter pour la scène. Sur le plateau, une femme en devenir face à sept hommes.
De la vidéo, du chant, la tour Eiffel, encore de la vidéo, un perroquet bien trop bavard, de la danse de charme, de la grenadine qui coule à flot, de la vidéo encore, des femmes muselées interprétées par des hommes, l’hormossessualité au coeur des conversations, le patriarcat déconstruit, l’ambiguïté du verbe et du genre …
Zazie est en questionnement, le trouble sera partout. Jusqu’à la toute fin du récit où Queneau, abattant sa dernière carte, complètera l’initiation de Zazie en nous mettant face à notre propre incompréhension de tout le récit. Car sous couvert de nous parler d’homosexualité et d’un twist final et drolatique, il nous propose surtout d’ouvrir les yeux de Zazie et les nôtres à l’histoire d’un amour transgenre. Et ça, c’est bad.

Miriam Youssef.

Distribution

De Jean Goovaerts et Miriam Youssef, d’après le roman de Raymond Queneau.
Avec Julie Duroisin , Stéphane Fenocchi, John-John Mossoux,  Pierre Poucet, Sébastien Schmit, François Regout, Luc Van Grunderbeeck et Jean-François Rossion 
Mise en scène de Miriam Youssef 
Assistanat Alexandre Drouet
Scénographie et costumes Thibaut De Coster et Charly Kleinermann
Lumières Alain Collet
Maquillage et coiffures Urteza Da Fonseca
Musique et chants Isabelle Fontaine  
Video Jean Goovaerts 

Infos et réservations

Du 20 avril au 20 mai 2017
Du mardi au samedi à 20h15 et les dimanches à 15h
Relâche les lundis.
Au Théâtre Royal du Parc – Rue de la Loi, 3 – 1000 Bruxelles
info@theatreduparc.be ou 02/505.30.30 (du mardi au samedi de 12 à 19h)
Tarifs
Site